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À Nantes, « boîtes à dons et magasin du partage » dans les rues des quartiers populaires

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Le collectif Nous and Co privilégie l’ancrage local pour promouvoir une économie collaborative au service du plus grand nombre. Et c’est dans une zone défavorisée qu’il vient d’ouvrir une boutique ou l’on peut emprunter et déposer des objets gratuitement.

Appareil à raclette, caisse de transport pour chat, siège auto pour enfant, fer à boucler… Ce sont quelques-uns des objets que les habitants de Nantes pourront venir emprunter tous les mercredis au sein de La Boutique du partage. Installé dans le quartier populaire de Breil-Barberie, l’endroit est le dernier né de Nous and Co, un collectif qui conçoit et anime des dispositifs de partage entre habitants dans la ville depuis 5 ans.

« Notre particularité, c’est qu’on privilégie la convivialité et l’échange direct, explique Gaëlle Le Rezollier, présidente de l’association. On a beau faire toutes les levées de fonds du monde, une plateforme numérique sans ancrage local finit souvent par se révéler inutile. » D’où le choix d’un magasin physique plutôt que d’un site d’échange d’objets de plus. Difficile pour autant de se passer totalement d’Internet pour ceux qui n’habitent pas à côté ! Mais c’est avec un simple tableur Excel que l’association compte pallier à ce manque.

Partage de terrain

L’illustration la plus frappante de ce partage « de terrain » que promeut Nous and Co est certainement la Boîte à dons, ou « Boîte utile » : des meubles en pleine rue dans lesquels les habitants peuvent déposer les objets (livres, vêtements…) dont ils n’ont plus l’utilité ou en récupérer pour ramener chez eux. La première boîte utile a été lancée en novembre 2014 sur l’Île de Nantes et plusieurs autres ont vu le jour depuis et sont toujours entretenues.

Deux nouvelles boîtes à don ont ainsi été installées à Breil-Barberie. Car c’est dans cette zone défavorisée que le collectif Nantais a choisi aujourd’hui de concentrer son action pour en faire le premier « quartier en partage » de la ville. Après « Nantes en partage », l’objectif du programme, baptisé « Breil-Barberie en partage » : faire sortir l’économie collaborative du cercle des urbains convaincus. « Il faut qu’on s’adresse aux personnes en difficulté socio-économique, c’est elles qui en ont le plus besoin », juge Gaëlle Le Rezollier.

Ressourcerie et jardins partagés

En plus du magasin, qui est aussi son siège, l’association y fédère un réseau d’acteurs existants : ateliers de réparation, ressourceries, jardins partagés, composteurs collectifs, café associatifs… « Pour un quartier où on dit il ne se passe rien, on s’est rendus compte qu’il y avait des choses très positives, s’enthousiasme Gaëlle Le Rezollier. On a donc créé une ligne au sol qui relie les 16 sites de l’économie du partage de Breil-Barberie. » En décembre dernier, l’association a organisé des visites guidées ouvertes à tous les habitants du coin. Le terrain, toujours le terrain !

Le 13 mars 2018


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