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Roubaix, en route vers le « zéro déchet »

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Après que Roubaix ai remporté l’appel à projet "territoire zéro gaspillage, zéro déchet" une centaine d'habitants de la ville a alors rejoint le "défi des familles zéro déchet". Malgré des politiques complexes en matières de collecte et de traitement des ordures, le concept fait des émules et pourrait même se décliner en "commerces zéro déchet".

Christine Jenart ne s’est jamais souciée de ses poubelles… jusqu’en 2014, en intégrant le « défi des familles zéro déchet » lancé par sa ville, Roubaix. Avec les membres de cent autres foyers, elle participe à des ateliers, pèse chaque jour ses ordures et prend conscience de l’impact de ses choix de consommation. Adieu flacons, en avant le compost et le « fait maison » ! Aujourd’hui, ces foyers produisent en moyenne 58 kg d’ordures ménagères par habitant et par an, contre 243 kg pour l’ensemble de la ville. En moyenne, en France en 2013, on comptait 270 kg d’ordures ménagères par habitant.

2 % de la population d’ici à 2020

120 autres familles s’y sont mises depuis, sur… 95 000 Roubaisiens. Alexandre Garcin, adjoint au maire (LR) délégué au Développement durable et fervent défenseur du projet, estime pouvoir toucher 100 à 150 foyers par an. Soit 2 % de la population d’ici à la fin du mandat. Son objectif reste pourtant la généralisation du « zéro déchet » à toute la ville via un effet domino, et la baisse de 30 % du volume de déchets ménagers d’ici à 2017. Au-delà de l’intérêt écologique, il en attend la création d’emplois locaux dans le recyclage et le réemploi. Des projets d’insertion sociale (création de meubles à partir de détritus) voient déjà le jour. Mais, souligne Mathieu Durand de l’université du Maine, chiffrer le nombre d’emplois créés par ce type de politique reste difficile. Autre gain espéré : des économies pour la ville de Roubaix de près de 400 000 euros par an en coûts de traitement des déchets. Ce qui représenterait à l’échelle de la métropole de Lille (MEL), qui compte 1,1 million d’habitants, 4 millions d’euros d’économies par an. Pour l’instant, près de 200 000 euros par an sont déboursés, dont la moitié par l’Ademe, pour amorcer ce virage. Comme 152 autres territoires, Roubaix a remporté l’appel à projet « territoire zéro gaspillage, zéro déchet » en 2014-2015. Les particuliers ne sont pas les seuls à jouer le jeu. Quatre écoles (dix à la rentrée, soit le tiers de l’effectif) et une trentaine de petits commerces sur les 1 000 que compte Roubaix participent à la démarche.

FullSizeRenderLe frein des compétences

Reste que Roubaix ne peut guère faire plus que cette nécessaire prévention : la collecte et le traitement des ordures dépendent de la métropole. Impossible donc pour la ville de mettre en place une collecte séparée des biodéchets ou une tarification incitative, deux autres importants leviers pour le « zéro déchet », analyse Flore Berlingen, directrice de Zero Waste France. Face à ce frein, Alexandre Garcin prône la dynamique «par le bas », sans être certain qu’elle suffise à remplir l’objectif fixé. Autre problème : même si, à Roubaix, une dizaine d’entreprises se sont engagées à réduire leurs rebuts de 10 %, les collectivités n’ont pas la main sur ces déchets. Cela alors qu’en 2012, les activités économiques en France ont produit 63 millions de tonnes de déchets, soit deux fois plus que les ménages (31 millions de tonnes), et cela sans compter les déchets de la construction. Pour cela, il faudrait mettre en place des démarches d’écologie industrielle qui associent entreprises et collectivités, rappelle Jean-Baptiste Bahers, chercheur à l’Ecole des métiers de l’environnement de Rennes. Autrement dit, agir sur plusieurs fronts.

Photo de Une : Frédérique Voisin-Demery.

 

Le 12 juillet 2016


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