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Euro 2016 : faut-il encadrer les prix sur les sites d’hébergement ?

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Carton jaune : pendant l'Euro, certains particuliers n'hésitent pas à tripler le tarif des nuitées qu'ils proposent dans leurs appartements. Une logique de marché que les pouvoirs publics et même Airbnb aimeraient modérer.

La logique du marché. C’est un peu ce qui résume l’activité sur les plateformes de location entre particuliers à la veille de l’Euro 2016. « Nous constatons une augmentation assez impressionnante de l’offre et de la demande dans les villes hôtes », confirme Vincent Wermus, directeur d’Abritel France. La plateforme de location de vacances entre particuliers évoque une augmentation des tarifs de «14% à Paris, 20% ailleurs en France ». De son côté, Airbnb qualifie la hausse d’« assez marginale », de 5 à 10% en moyenne. Des résultats officiels loin d’être représentatifs car lissés sur toute l’agglomération concernée.

Ça grimpe près des stades
Aux abords des enceintes sportives, certains ne se gênent pas pour pratiquer des tarifs prohibitifs. Près du Grand Stade de Lille, le soir du match Suisse-France, Assia propose ainsi son appartement à 721€ la nuitée. Sur Airbnb, la description fait état de « 2 chambres, 6 couchages ». Quelques semaines plus tard, le même appartement est proposé à la location pour 313€. Soit une augmentation de 56% le soir de la rencontre. Face à ces agissements, Airbnb affirme avoir mis en place plusieurs campagnes, via e-mail, pour indiquer « les bonnes pratiques à adopter ». Pour le directeur des opérations Airbnb France, il n’est néanmoins pas utile de fixer une limite aux particuliers, « le marché s’auto-régulant de lui-même ».

Des services classiques
« Concrètement, rien n’empêche aux plateformes de limiter les prix des logements. Mais il ne faut pas être naïf. L’intérêt d’Airbnb, des hôtes et des locataires est avant tout économique », tranche l’économiste Damien Demailly. Plutôt que de fixer un plafond aux particuliers, le chercheur appelle à considérer ces plateformes comme « des places de marché classiques régies par la loi de l’offre et de la demande » et à leur fixer des règles pour éviter que « des personnes ne profitent du système pour faire du meublé touristique ». Adopté début mai par le Sénat, le projet de loi pour une République numérique comporte plusieurs dispositions allant dans ce sens. « Le gouvernement est en train de fixer des règles. Il faut maintenant attendre de voir comment les plateformes vont réagir », confie Damien Demailly. « Elles vont alors nous révéler qui elles sont vraiment », conclut-il.

Le 4 juillet 2016


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