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50 000 salariés, 6 % de croissance : les coopératives ne connaissent pas la crise

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La Confédération générale des Scop publie un rapport annuel positif. Mais un long chemin reste à parcourir pour que ce statut, qui partage la gouvernance entre les salariés, pèse vraiment dans l’économie française.

Partager le capital, la gouvernance et les bénéfices d’une entreprise entre ses salariés… Une douce illusion ? Pas pour les sociétés coopératives et participatives (Scop), dont la Confédération générale vient de publier le bilan pour l’année 2015.

Et les résultats sont bons : le secteur progresse de 6 %, avec 319 nouvelles sociétés créées cette année, pour un total de 2855 entreprises coopératives en France ! Au total, les Scop représentent plus de 50 000 salariés et génèrent un chiffre d’affaire de 4,5 milliards d’euros.

Impliquer les salariés

Comment expliquer ces chiffres dans un période économique morose ? Pour Patrick Lenancker, président de la Confédaration générale des Scop, cela tient d’abord à la bonne viabilité du modèle de ces entreprises. « En impliquant les salariés dans les processus de décision, en utilisant les bénéfices pour faire des réserves et investir, les Scop tiennent bon face aux coups durs. »

Justement, un grand nombre (26 %) des nouvelles Scop sont créées suite à la reprise d’entreprises en faillite par leurs salariés. « Sans ce statut, c’est souvent le parcours du combattant pour céder son entreprise », juge Patrick Lenancker.

Startup coopératives

D’autres, sont néanmoins créés ex-nihilo dont certaines, dans l’économie collaborative et numérique. Ainsi France Barter (Plateforme d’échanges de biens et de services entre entreprises), Citiz (autopartage) ou Digital Grenoble (accélérateur d’entreprises), toutes trois sociétés coopératives d’intérêt collectif (Scic).

Des « startups Scop » ? Patrick Lenancker s’en réjouit. « Longtemps les Scop ont souffert d’une image un peu vieillotte. Mais les choses commencent à changer : 14 % des dirigeants de coopératives ont aujourd’hui moins de 35 ans. Ce statut permet en effet aux startup d’impliquer davantage leurs salariés. »

Goutte d’eau

Pour positifs que soient ces résultats et pour enthousiaste que soit le directeur de la Confédaration générale, il reste que les Scop représentent bien sûr une goutte d’eau par rapport à la masse des autres entreprises en France. La faute à une méconnaissance globale du statut, avance Patrick Lenancker. « Beaucoup d’étudiants en commerce sortent encore d’école sans en avoir entendu parler. » La faute aussi au mode de décision collectif, qui effraie encore beaucoup de patrons. « Nos résultats sont pourtant la preuve que ca marche ! »

 

Photo de couverture : réunion de la SCIC France Barter.

Le 30 juin 2016


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