Loyers prohibitifs, immobilier inaccessible… En France, la question du logement relève souvent du pur cauchemar. Et si on envisageait sérieusement l’habitat participatif ?

Vous êtes un habitué du covoiturage, en voyage, vous ne jurez plus que par le couchsurfing ou la location entre particuliers, vous prêtez ou louez régulièrement votre pistolet à colle et votre boîte à outils… Bref, vous avez découvert que la plupart des objets et ressources de votre quotidien étaient sous-utilisés, et que les mutualiser n’était après tout pas idiot. Alors, pourquoi ne pas passer à l’étape supérieure et se lancer dans l’habitat coopératif ou l’achat groupé ?

 

Non, on ne parle pas d’appartements collectifs soviétiques…

 

Ni des communautés autonomes hippies des années 70. Ici, il s’agit avant tout de rechercher une troisième voie entre loyers prohibitifs (+47 % entre 2000 et 2010) et accès à la propriété relevant franchement de la science-fiction (les prix des logements anciens ont progressé de 107 % entre 2000 et 2010). Le pragmatisme est de mise : des particuliers se réunissent pour acquérir un terrain et co-construire leur futur habitat. 32 % des Français se disent aujourd’hui intéressés par l’habitat groupé coopératif, et le projet de loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové  prévoit la création de deux nouveaux statuts pour favoriser ce type d’initiatives.

L’habitat participatif implique une réflexion en amont sur ce que les participants désirent mutualiser et ce qu’ils préfèrent conserver en privé. Car dans un logement typique, on trouve bon nombre de pièces dont on ne se sert que très rarement… Quand elles existent (une buanderie dans un studio de 25 m2, il faut reconnaître que c’est assez rare). Dans l’habitat partagé, les habitants vont pouvoir décider de mettre en place différents types d’espaces partagés : buanderie, jardin, salle des fêtes, bureaux, crèches, chambres d’amis, etc. Autant d’espaces qui permettront aux futurs « cohabitants » de créer et maintenir des liens sociaux solides et conviviaux. Dans les pays frappés par la crise du logement, le concept commence à faire des émules : en Espagne, notamment, avec le « cloud housing » (la mutualisation peut aller jusqu’aux voitures et à la mise en place de banques du temps permettant aux habitants d’échanger des services), mais également en France avec des initiatives comme le Village Vertical à Villeurbanne ou Diwan à Montreuil.

 

COAB : un réseau social pour favoriser l’habitat participatif

 

Le problème, c’est que pour se lancer dans ce genre de projets, il faut déjà trouver des gens avec qui on partage suffisamment d’aspirations pour co-construire un habitat groupé. Et la liste des partenaires ne s’arrête pas aux futurs voisins : tout au long du projet, il faudra impliquer architectes, collectivités et entreprises du bâtiment. Bref, il y aura du monde à mettre dans la boucle. COAB, qui se lance aujourd’hui, est une plateforme conçue comme un réseau social favorisant le développement du cohabitat en Île-de-France.

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La plateforme permet de créer ou de rejoindre un groupe d’habitants en précisant un certain nombre de critères, tels que la zone géographique, le budget, les espaces et services partagés ou encore la consommation énergétique du bâtiment. Une fois que le groupe aura atteint une taille suffisante, le service vous proposera d’organiser une réunion de lancement du projet, vous conseillera dans la recherche du terrain à acquérir et vous mettra en relation avec architectes et sociétés de construction.

Si l’expérience de l’habitat participatif vous intéresse, ou si vous êtes tout simplement curieux d’en apprendre davantage sur le sujet, COAB organise ce lundi à 19h une soirée « speed-dating entre futurs voisins ». Cela se passe à la Ruche, 84 quai de Jemmapes à Paris. Pour vous inscrire, envoyez tout simplement un mail à l’adresse contact@coab.fr !

 

 

 

A propos de Arthur De Grave


Mordu de nouvelles technologies, d'économie et de philosophie politique, je me passionne naturellement pour tout ce qui touche de près ou de loin à l'économie collaborative. J'ai hâte de voir jusqu'où Internet nous permettra de réinventer les façons de produire et de consommer. OuiShare connector basé à Paris, et bien sûr, grand consommateur collaboratif, en attendant la troisième révolution industrielle !

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Une Réponse pour Et si on essayait l’habitat participatif ?

  1. Bravo pour cet article qui résume bien la philosophie de l’habitat participatif. Il est agréable de voir le dynamisme actuel des projets métropolitains et ruraux: de la coopérative d’habitants à l’habitat groupé en passant par l’auto-promotion, le panorama est large et divers. Avec, par delà les difficultés propres à chaque projet, un maitre mot : celui de la solidarité et du mieux vivre ensemble.

    Espaces mutualisés, accession sociale à la propriété, intégration à la dynamique du quartier : ce sont aussi des valeurs et des caractéristiques qui sont partagés par le projet LES FOLIES, projet de 24 logements/ateliers en accession sociale à la propriété, destinés aux artistes et créatifs à Lormont Bois fleuri.
    Pour en savoir plus: http://lesfolies-lormont.com/
    Et pour nous contacter: contact@lesfolies-lormont.fr