La consommation collaborative se développe en faisant passer à l’échelle des usages qui préexistent. Je Rêve d’une Maison revisite l’achat d’une résidence secondaire à plusieurs. Rencontre avec Eric Chatry et Stéphane Buthaud les deux co-fondateurs.

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Je Rêve d’une Maison, qu’est-ce que c’est ?

Éric : C’est un service « clés en main » pour acheter facilement et en toute sécurité à plusieurs une maison de vacances ou de week-end. Avec 3 millions de résidences secondaires et 100 000 transactions annuelles, la France est le premier marché mondial pour ce type de biens. Mais le drame, c’est qu’ils sont totalement sous-utilisés par leurs propriétaires.

Saviez-vous qu’une maison secondaire n’est occupée que 35 jours par an en moyenne, soit 10% du temps ? On n’est pas si loin de la fameuse perceuse que chacun a dans son placard et qu’on utilise 20 minutes par an.

Stéphane : Et si peu de personnes rêvent de perceuse, beaucoup adoreraient avoir leur maison secondaire ! C’est particulièrement le cas des 30-35 ans qui ont des jeunes enfants. Mais pour eux, c’est un rêve souvent inaccessible. Certains franchissent le pas mais ils s’endettent et deviennent en plus prisonniers de leur bien… Le système en propriété unique n’est pas optimal : il faut donc le réinventer à la sauce collaborative !

Éric : C’est du bons sens ! Qui n’a pas songé à acheter une maison avec des amis ? Mais peu l’ont fait car ce type d’opération se complexifie dès qu’on entre dans les détails. Voilà pourquoi, nous avons conçu un service de bout en bout pour accompagner les propriétaires à toutes les étapes de leur projet. Nous les aidons à trouver la maison, à identifier la bonne famille, à choisir la formule juridique adéquate, à établir des règles de bonne gestion et de partage de la maison, ou encore, à valider en amont les solutions pour sortir d’un projet sans douleur si les aléas de la vie y obligent. Seul, c’est très compliqué, et probablement risqué. Avec « Je Rêve d’une Maison », cela devient facile et sûr.

Concrètement, comment cela marche-t-il ?

Stéphane : Sur JeReveduneMaison.com, vous accédez à une sélection de (très) belles maisons pour un budget dès 80.000 € avec une autre famille, ou de maisons encore plus chouettes avec 2 ou 3 autres familles entre 100.000 et 200.000 €. Résultat : vous acquérez une plus belle maison pour moins cher, sans emprunter (ou beaucoup moins) et en partageant les coûts d’entretien.

Éric : L’idée forte du projet, c’est donc le surclassement. Grâce au partage on a mieux que ce qu’on pourrait s’offrir seul. Au-delà de considérations financières, c’est un nouveau mode de consommation « smart » et désirable. C’est ce que nous offrons.

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Et comment trouver les gens avec qui acheter sans se fâcher ?

Éric : C’est le 2ème aspect du service et le plus important ! L’enjeu est d’identifier la famille qui nourrit le même projet, partage vos goûts tout en ayant un rapport au partage et à l’usage de la maison compatible avec le vôtre. Le web joue ici un rôle clé. Facebook et les réseaux sociaux nous donnent la possibilité de puiser dans notre vivier de relations et de qualifier objectivement les critères de compatibilité avec une famille. Le 3ème aspect du service de Je Rêve d’une Maison web, c’est tout un accompagnement de médiation pour décider de la gouvernance entre les futurs acheteurs ou de la structuration juridique sous forme de SCI. Nous en faisons un process complet, transparent et sécurisé et des outils « à la carte » à toutes les étapes de la vie du projet.

Stéphane : Par exemple, pour fluidifier les relations entre les partners d’une maison partagée, on s’inspire des succès de startups comme Leetchi sur la gestion des cagnottes, un domaine typique où rester dans l’informel crée des tensions même entre amis. Nos outils et nos process amélioreront la gestion et l’usage des maisons partagées, notamment sur les aspects financiers, les TO DO lists, la réservation, etc. Ces outils seront paramétrés à partir des règles d’usage choisies par les partners au moment de l’achat et qui pourront être ajustées à l’usage. Nous proposerons également sur notre « Facebook des résidences secondaires » une palette de services comme, par exemple, le jardinage, le ménage voire la décoration ou les travaux.

D’où vient l’idée ?

Éric : Nous rêvions tous deux d’acheter une maison secondaire. Or, la réalité du marché immobilier nous a rattrapé. Convaincus par le bien-fondé de l’économie collaborative, on a alors imaginé cette startup d’immobilier collaboratif. Et comme il s’agit d’un nouveau marché et que nous proposons des services à forte valeur ajoutée, nous pensons que cela forme un vrai modèle économique.

Stéphane : Nous avons testé notre idée auprès d’une cinquantaine d’utilisateurs potentiels. Résultat : 80% d’entre eux, souvent locataires urbains, partagent 2 ou 3 besoins : sortir régulièrement de la ville, se sentir chez soi et investir pour la première fois sans se ruiner. Fin juillet, nous sortirons la v1 du site jerevedunemaison.com avec une sélection d’une cinquantaine de très belles maisons dans le Perche et la Normandie. Nous étendrons progressivement l’offre de très belles maisons de week-end et de vacances tout autour de Paris et en province.

Je Rêve d’une Maison, c’est toujours de la consommation collaborative ?

Éric: Oui, plus que jamais. Au-delà de partager l’usage d’un espace maison, du temps, de mutualiser de l’argent et des compétences, on partage même ce qu’il y a de plus sérieux au monde : la propriété ! C’est un sacré challenge qui pousse le curseur de la collaboration encore plus loin. Ce n’est ni de la cohabitation, ni du Timeshare, ni de la location courte durée. Avec Je Rêve d’une Maison, nous répondons au double besoin de s’évader et de s’ancrer dans un lieu.

Stéphane : C’est bien une expérience nouvelle, que nous avons très envie de faire partager au plus grand nombre. Notre ambition ? Contribuer à démocratiser l’accès à la propriété en faisant émerger une nouvelle génération de propriétaires heureux !

A propos de Edwin Mootoosamy


Je suis depuis toujours intéressé par les modèles culturels différents qui viennent bousculer l’idéologie dominante. Passionné par les nouveaux usages d’Internet et les mutations socio-économiques que cela induit, j'observe le développement de la consommation collaborative depuis 2008. OuiShare Co-Founder & France Connector et doctorant sur ces sujets, je m’intéresse plus généralement à la manière dont Internet reconditionne notre façon de faire société.

4 Responses to Je rêve d’une maison : Qui n’a pas songé à acheter une maison avec des amis ?

  1. Bonjour,
    Dans le contexte un peu flou où se situe le secteur immobilier, ce nouveau concept est ce qu’il y a de mieux. Mais comment faire si dans le futur, l’un des co-acquéreurs décide de vendre le bien? Existe-t-il des mesures d’accompagnement qui pourraient éviter ou empêcher ce genre de litige? Merci d’avance.

    • Bonjour,
      Oui, la revente est un sujet majeur d’inquiétude de toute personne qui envisage d’acheter à plusieurs. Auparavant, avec le timeshare par exemple, il était d’autant plus difficile de revendre que l’acheteur n’était propriétaire que de l’usufruit et/ou qu’il avait acheté son bien à un montant souvent très supérieur à celui du marché.
      Avec Je Rêve d’une Maison, c’est très différent.
      D’abord, c’est une propriété pleine et entière, à la vraie valeur du bien, celle payée par les co-acheteurs à l’ancien propriétaire. La part de SCI (hypothèse retenue ici pour le montage juridique) a donc sa vraie valeur de marché et évolue avec le marché.
      Ensuite, les acheteurs potentiels forment une communauté ouverte, connectée et donc beaucoup plus large et réactive.
      Par ailleurs, nous proposons d’accompagner les co-acheteurs au moment où ils décident des règles d’usage (= de gouvernance) de la maison partagée. C’est à ce moment-là, avant l’achat, qu’ils décident ensemble des conditions de revente. Dans la plupart des cas, on prévoit une clause qui permet à l’autre (ou aux autres) co-propriétaire(s) de racheter la part mise en vente. Si cela n’apporte pas de solution, on peut prévoir un délai supplémentaire pour trouver un acheteur extérieur. Dans ce cas là, on peut aussi faire appel aux personnes qui « suivent » (= ont « liké ») la maison sur la plateforme http://www.jerevedunemaison.com, et notamment à celles qui ont déjà loué la maison et l’ont ainsi « testée » (si les co-acheteurs l’ont décidé, leur maison peut en effet être proposée à la location sur la plateforme).
      Enfin, en dernier recours, il sera toujours possible de vendre la totalité de la maison à son vrai prix. Et cette maison qui a été utilisée plus régulièrement qu’une maison détenue en propriété unique, et qui a de ce fait été mieux entretenue et mise en valeur, aura plus de chance de se vendre rapidement et à un « bon » prix.
      Eric – Je Rêve d’une Maison

  2. NFlavi dit :

    On est forcément pour, d’autant que c’est plutôt convivial ! Des agences immobilières proposent déjà des biens en partage (SCI, indivision). Alors qu’est ce qui est vraiment nouveau ici ? Souhaitons en tout cas que l’engouement pour la formule favorise le redémarrage partiel du marché de l’immobilier et du BTP et la création d’emplois dans ces domaines (NFlavi – Human Smart Community).