Le logement est un des secteurs d’activité les plus dynamiques de la consommation collaborative. Il existe de nombreux services proposant la location, le troc ou l’échange de logements, focus sur Adresse à échanger avec cette interview de Manon Vonderscher, co-fondatrice du service.

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Adresse à échanger, qu’est-ce que c’est ?

Un site web dédié à l’échange de maison et d’appartement en France et dans les DOM-TOM, en ligne depuis le 8 Avril. Ce concept s’adresse à tous : propriétaires, locataires, célibataires, familles, couples, amis…

Adresse à Echanger est un bon plan pour partir en week-ends et en vacances autrement et à moindre frais.

D’où vient l’idée ?

L’idée vient de Marjorie, mon associée, qui a toujours préféré l’échange de maison aux hôtels impersonnels pour son côté chaleureux et économique. Cette expérience concluante pour sa famille, son envie d’entreprendre et notre rencontre lui ont donné l’idée de créer Adresse à Echanger. Nous avons constaté que de nombreux sites proposaient d’échanger sa maison à travers le monde mais aucun n’était dédié à la France. Ce constat ainsi que l’essor du tourisme alternatif et l’engouement pour le made in France, nous ont amenées à nous spécialiser sur l’échange de maison en France et dans les DOM TOM.

Comment vous différenciez-vous des acteurs déjà en place ?

Nous nous sommes spécialisées sur l’échange de maison et d’appartement en France et dans les DOM TOM. L’objectif principal est de donner envie aux français de (re)découvrir nos belles régions. De la côte rose en Bretagne à la montagne Sainte-Victoire en Provence en passant par les châteaux de la Loire ou l’étincelante capitale, la France regorge de destinations toutes plus attrayantes les unes que les autres. Toutes les régions de France ne sont donc pas encore représentées mais nous y travaillons activement ! Le fait d’être spécialisées sur la France permet également de favoriser le court séjour : il est possible d’échanger son appart ou sa maison le temps d’un week-end ou d’un pont dans une région voisine sans prévoir de budget hébergement.

Nous nous différencions aussi par notre système de recherche multicritères qui permet de trouver son partenaire d’échange idéal. Ce système inclus notamment la recherche inversée (qui est intéressé par ma région?), la recherche par centre d’intérêt (échanger avec un membre qui partage votre passion pour la gastronomie, la plongée sous-marine ou le jardinage) ou encore la recherche par réseau (échanger avec les amis de ses amis).

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En quoi la France vous semble être un « marché » porteur pour la consommation collaborative en général ? Pour l’échange de maisons en particulier ?

Un peu après nos voisins américains, on assiste en France à une véritable prise de conscience sur nos modes de consommation actuels et l’envie d’en changer en privilégiant l’usage à la possession. Les Français veulent de plus en plus consommer local et avoir un impact minimum sur l’environnement. Les nouvelles générations y sont d’ailleurs sensibilisées dès le primaire, c’est une réelle preuve de l’évolution des mentalités! Ce phénomène est porté par l’engouement pour les réseaux sociaux qui sont de plus en plus nombreux et de plus en plus utilisés par les Français.

En ce qui concerne l’échange de maison, on constate que les Français, malgré leur rapport ténu à la propriété, sont de plus en plus séduits par ce mode de tourisme alternatif. Les 35 heures y ont participé : les Français ont beaucoup de vacances et de moins en moins de moyens pour en profiter, l’échange de maison apparaît donc comme une solution idéale. On observe également que les Français souhaitent de plus en plus partir autrement et deviennent ainsi adeptes du tourisme alternatif : échange de maison, woofing, couchsurfing, twaming, voyages collaboratifs…

Enfin, en France, nos paysages sont très diversifiés : campagne, ville, mer, montagne alors pourquoi partir à l’étranger quand on a autant de possibilités d’escapades ?

A propos de Edwin Mootoosamy


Je suis depuis toujours intéressé par les modèles culturels différents qui viennent bousculer l’idéologie dominante. Passionné par les nouveaux usages d’Internet et les mutations socio-économiques que cela induit, j'observe le développement de la consommation collaborative depuis 2008. OuiShare Co-Founder & France Connector et doctorant sur ces sujets, je m’intéresse plus généralement à la manière dont Internet reconditionne notre façon de faire société.

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