Cet article a initialement été publié sur le blog Planète plus intelligente le 25 mars 2013.

La consommation collaborative passe du statut de « micro-phénomène » à celui de « tendance lourde », en couverture de The Economist et de Forbes ces dernières semaines. La masse critique, souvent synonyme de leadership, est le point à atteindre pour les nouveaux services de ce phénomène mondial, dont l’essor est étroitement lié à celui d’Internet et des réseaux sociaux.

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« Ce n’est que le deuxième jour de l’économie du partage » affirmait récemment Brian Chesky, co-fondateur d’AirBnB dont la croissance exponentielle ces deux dernières années a été rendue possible par la masse critique de logements proposés dans chaque ville. Depuis que le million de covoitureurs a été dépassé en France, ce sont plus de 100 000 personnes qui s’inscrivent tous les mois sur BlaBlacar. De nouveaux trajets font leur apparition tous les jours faisant de BlaBlaCar un Amazon de la mobilité encore plus crédible que la SNCF (qui au contraire abandonne de plus en plus de liaisons en France).

La course à la masse critique

Ces deux exemples montrent le phénomène de masse critique vertueux (autrement appelé « winner takes it all« ) à l’oeuvre dans la consommation collaborative : la croissance de la demande côté utilisateurs rend les plateformes plus attractives aux yeux des potentiels offreurs qui, faisant augmenter l’offre, rendent en retour les services plus pratiques pour les demandeurs.

La France, championne de la consommation collaborative

Sur chacune des « verticales » de l’économie du partage, c’est la course  à la masse critique, parfois à grand renfort d’investissement dans des modèles qui n’ont pas toujours fait preuve de leur rentabilité. Alors que le leader de la location de voitures entre particuliers anglais, Whipcar, vient brutalement d’annoncer l’arrêt de son service, en France ce ne sont pas moins de huit startups qui tentent de se partager le secteur : un phénomène de concentration est à attendre. Avec 8000 voitures et près de 3000 locations par mois, Drivy est déjà un solide leader européen sur ce secteur. Ce dynamisme illustre également le statut de la France, champion mondial de la consommation collaborative et de Paris, capitale du partage pionnière avec Velib et Autolib et qui accueillera la première édition du  OuiShare Fest du 2 au 4 mai 2013.

À chaque service sa plateforme

Toutes les semaines ou presque se crée une nouvelle plateforme de consommation collaborative. Loin de signifier une bulle, ce dynamisme de créations de nouvelles plateformes révèle la demande potentielle. Des secteurs se créent commele stockage entre particuliers , les tables d’hôtes 3.0 ou le partage de bureaux. D’autres secteurs qui n’existaient pas il y a un an sont aujourd’hui en pleine expansion, c’est le cas notamment des services entre particuliers (ou jobbing) avec des sites comme Stootie, Youpijob, Yooneed ou FrizBiz. Anticipant les éventuelles critiques sur le plan juridique ou fiscal, les entrepreneurs prennent d’ailleurs les devant en échangeant avec l’Urssaf et en s’appuyant sur des solutions de paiement sur mesure.

52% de Français aurait déjà pratiqué la consommation collaborative, selon une étude récente  de l’ObSoCo. La masse critique d’utilisateurs ne concerne pas simplement un service en particulier mais illustre un mouvement d’ensemble, instituant de fait la consommation collaborative comme l’une des évolutions économiques majeures de notre époque.

Antonin Léonard & Edwin Mootoosamy

Crédits photo : © Kzenon – Fotolia.com & Cookening.com

A propos de Edwin Mootoosamy


Je suis depuis toujours intéressé par les modèles culturels différents qui viennent bousculer l’idéologie dominante. Passionné par les nouveaux usages d’Internet et les mutations socio-économiques que cela induit, j'observe le développement de la consommation collaborative depuis 2008. OuiShare Co-Founder & France Connector et doctorant sur ces sujets, je m’intéresse plus généralement à la manière dont Internet reconditionne notre façon de faire société.

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