J’ai eu l’occasion d’interviewer Maxime Leroy, porteur du webdocumentaire, Collaborative Cities, initiative soutenue par OuiShare et actuellement financée sur KissKissBankBank (il reste 43 jours de collecte et le démarrage est excellent). Compte-rendu.

Collaborative Cities, un webdoc participatif ?

Maxime Leroy : Avec Collaborative Cities, notre objectif est de mettre en lumière les initiatives de l’économie collaborative au sens large.  OuiShare explore l’économie collaborative dans son ensemble, faisant le constat que les dynamiques collaboratives ne s’appliquent pas seulement à la consommation mais également à la production, la distribution, le financement… ce qui en fait donc une économie à part entière.

Grâce à Collaborative Cities, nous nous rendrons dans 12 villes (5 en Amérique du Nord et 7 en Europe) pour aller à la rencontre des startups, des initiatives et des communautés qui font vivre l’économie collaborative.

Avec un regard local, pour mettre en avant les spécificités et la culture de chaque ville.

Pour faciliter la découverte de l’économie collaborative nous avons choisi de nous concentrer sur 6 thématiques :

  • Hébergement
  • Mobilité
  • Alimentation
  • Travail
  • Education
  • Finance

Je parle de webdocumentaire participatif au sens où notre support principal sera bien évidemment le Web, bien que nous envisageons d’autres supports au delà du simple site internet.

Participatif également car tout au long de la réalisation de ce documentaire, nous utiliserons les services que l’économie collaborative met à notre disposition.

Je travaille sur ce documentaire dans des espaces de coworking, nous serons hébergés grâce à couchsurfing, Airbnb, s’il nous manque une compétence nous pourrons l’apprendre sur des plates-formes comme Skillshare ou Trade School, nous nous déplacerons en co-mobilité, etc.

Quels sont les objectifs de ta démarche ?

Le principal objectif c’est de créer le premier documentaire qui pourra s’adresser tant au grand public qu’aux experts du domaine. C’est le format webdocumentaire qui permettra ces différents niveaux de lectures. On pourra, non seulement montrer qu’on est en face d’une économie installée (nombre d’utilisateurs, développement) mais également qu’elle apporte des réponses sociales et durables grâce à l’optimisation des ressources, à la création de lien social. Chaque spectateur de Collaborative Cities doit pouvoir aller plus ou moins loin dans son exploration de l’économie collaborative, selon ses envies. Cela passera bien évidemment par la vidéo, mais pas uniquement.

Nous souhaitons également créer des synergies entre les acteurs des différentes villes. Plutôt que d’avancer chacun sur son terrain, nous pensons que l’économie collaborative peut créer une dynamique beaucoup plus forte avec des espaces et des temps d’échanges plus importants, et de qualité entre tous ces acteurs. On l’a récemment vu avec le Summit européen organisé par OuiShare.

Envisages-tu de le traduire en plusieurs langues ?

Aujourd’hui nous en somme à la phase de levée de fonds grâce au site de crowdfunding KissKissBankBank. Cette levée nous permettra de réaliser le documentaire en pouvant interviewer tous les acteurs que nous avons sélectionné jusqu’ici. Si cette levée de fonds dépasse notre objectif, nous pourrons non seulement monter un documentaire plus classique (52min) mais également préparer là seconde saison du projet, où nous souhaitons explorer de nouveaux continents. Notre contenu sera d’abord disponible en anglais, mais nous traduirons le documentaire en autant de langues que possible si l’on peut imaginer de crowdsourcer la traduction. Je suis sûr qu’en demandant à ceux qui le souhaitent de traduire des passages du documentaire nous pourrons rapidement le rendre accessible à un très large public. La license Creative Commons du webdocumentaire Collaborative Cities vise justement à permettre ces évolutions et cette diffusion simplifiée.

Quels sont les liens entre Colaborative Cities et OuiShare ?

« Made possible by OuiShare »

La communauté OuiShare a permis à ce projet de prendre forme puisque, jusqu’à aujourd’hui, elle a été présente sur toutes les étapes de production, de la construction du brief, à la collecte en passant par le brainstorming. Comme tout documentaire, l’écriture et la réalisation de Collaborative Cities nécessite de conserver une ligne éditoriale et une certaine liberté d’expression afin de pouvoir donner un regard objectif sur l’état de l’économie collaborative aujourd’hui. Nous sommes donc indépendants tout en étant soutenus par cette communauté exceptionnelle.

Quand pourrons-nous voir ce documentaire ?

Pour l’instant je prépare le terrain en multipliant les Skype avec les différents porteurs de projets. Nous travaillons également sur l’écriture du scénario et finalisons la sélection des initiatives. Ce travail doit durer jusqu’à fin juillet, date à laquelle la collecte prendra fin. Le mois d’août sera consacré à la préparation du tournage qui sera effectué du 17 septembre au 10 octobre en Amérique du Nord et du 15 octobre au 10 novembre en Europe. Collaborative Cities sera mis en ligne progressivement, afin de mettre en avant chaque vidéo,

Un dernier message ?

Nous avons lancé la collecte lors du OuiShare Summit et le démarrage est vraiment encourageant. Si vous aussi, vous souhaitez voir ce projet prendre forme, votre participation, même minimale à la collecte nous aidera énormément. De nombreuses contreparties sont proposées telles que l’accès à des interviews exclusives d’entrepreneurs, la possibilité de les interviewer en direct, des places à notre soirée de lancement, mais aussi des tee-shirts et autres goodies, bref la liste est longue…

A propos de Edwin Mootoosamy


Je suis depuis toujours intéressé par les modèles culturels différents qui viennent bousculer l’idéologie dominante. Passionné par les nouveaux usages d’Internet et les mutations socio-économiques que cela induit, j'observe le développement de la consommation collaborative depuis 2008. OuiShare Co-Founder & France Connector et doctorant sur ces sujets, je m’intéresse plus généralement à la manière dont Internet reconditionne notre façon de faire société.

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