Entre vide juridique, conservatisme, protectionnisme des autorités monétaires et lobbyisme des acteurs traditionnels… la finance de demain peine à se développer en France… A tel point que les entrepreneurs du secteur unissent leurs forces pour tenter de sensibiliser les décideurs.

Alors que la crise financière continue son bonhomme de chemin et que les perspectives pour l’économie mondiale s’assombrissent, la finance collaborative se développe en France et propose des alternatives aux méthodes financières traditionnelles.

Du crédit entre particuliers à l’investissement collectif dans des startups, en passant par le micro-crédit solidaire ou le financement participatif, voici autant d’initiatives qui semblent montrer la voie pour la finance traditionnelle : plus de pouvoir aux citoyens, moins d’intermédiaires, et des pratiques plus responsables.

Pourtant, aussi prometteur que soit la finance collaborative, le cadre réglementaire et institutionnel français constitue un frein à son développement… Frein dont les entrepreneurs du secteur aimeraient beaucoup se libérer.

Extrait de "La finance participative interpelle les candidats"

Défier le monopole bancaire

Pour beaucoup d’acteurs de la finance, la première embûche consiste à obtenir l’autorisation de l’Autorité de Contrôle Prudentiel (ACP), autorité administrative indépendante en charge de la supervision financière auprès de la Banque de France. Concrètement, l’ACP gère le monopole bancaire. Dès lors, toute entreprise ambitionnant d’octroyer des crédits, créer des outils de paiement, ou gérer de l’argent pour compte de tiers, doit au préalable obtenir l’autorisation de l’ACP pour exercer son activité.

Les co-fondateurs de Prêt d’Union en savent quelque chose : cette autorisation n’est pas facile à obtenir. La startup de prêt entre particuliers n’a pu se lancer qu’en septembre 2011, après deux années de négociations avec la Banque de France et malgré le contexte financier très incertain de l’été dernier. “C’était très compliqué, notamment car pour obtenir l’agrément, il faut réunir un capital de 5 millions d’euros” explique l’un des co-fondateurs Thomas Beylot. “Du coup, d’un coté la banque de France attendait que nous ayons les fonds, de l’autre, nos investisseurs ne voulaient pas prendre de risque tant que nous n’avions pas l’agrément”.

Pour contourner ces contraintes, une autre solution consiste à nouer un partenariat avec une banque ayant déjà une licence. C’est ce qu’ont fait les fondateurs de Friendsclear, première plateforme de financement communautaire entre entrepreneurs et investisseurs en France. Un partenariat avec le Crédit Agricole permet non seulement à Friendsclear de bénéficier de l’agrément bancaire dont dispose déjà le Crédit Agricole, mais également de l’infrastructure technique qui facilite les opérations de la startup.

Mais trois mois après son lancement, l’ACP notifie Friendsclear de la non-conformité de ses activités, et doit les interrompre. « Ce fut un coup dur pour nous”, se souvient le co-fondateur Nicolas Guillaume, selon qui les critères de décision de l’ACP sont parfois “peu anticipables”. Le principal reproche de la Banque de France est que l’activité de Friendsclear serait “trop risquée” pour les investisseurs. Mais Nicolas Guillaume trouve les exigences de la Banque de France trop élevées, et se défend :

Sur Friendsclear le risque est par nature limité car les montants investis sont assez faibles (entre 100 et 2200 euros) et de plus, les investisseurs sont parfaitement informés du risque qu’ils prennent. La Banque de France nous demande d’appliquer les règles prudentielles adaptées à des fonds d’investissement classiques alors que nous, nous jouons dans une autre catégorie

Pour répondre aux nouvelles exigences de l’ACP, Friendsclear et son partenaire ont dû revoir leur formule, validée cette fois-ci explicitement par une autorisation spécifique. L’activité peut reprendre en décembre 2011, mais sous une autre forme. C’est désormais le Crédit Agricole qui valide en amont les demandes d’emprunt (et non les utilisateurs), en plus de proposer une garantie en capital. De plus, les investisseurs de Friendsclear doivent désormais investir dans des ‘paniers’ de projet, et non plus directement dans un projet en particulier, comme c’était le cas auparavant.

L’esprit initial du projet est conservé, rassure Nicolas Guillaume, mais honnêtement, on pourrait faire beaucoup mieux”.

Arnaud Poissonnier, créateur de la plate-forme de microcrédit Babyloan a anticipé ces difficultés : “Dès le départ, nous avons opté pour un stratégie très conciliante. Plutôt que d’aller voir l’ACP en essayant de lui imposer notre modèle, nous y sommes allés avec l’objectif de construire avec eux notre modèle de développement” explique-t-il. Autre conseil pour approcher les autorités monétaires : bien mettre en valeur l’expérience bancaire des porteurs de projet, et se conformer aux dossiers de demande d’agrément bancaire (même si l’on ne lance pas une banque).

Et cela a marché : seulement cinq mois ont été nécessaires pour obtenir l’accord de la Banque de France. Mais d’autres embûches ont du être surmontées. L’une des premières fut l’article 511-6 du code monétaire et financier qui interdisait aux particuliers de financer les activités d’entreprises, interdisant de facto le microcrédit en France. Un an de lobbyisme plus tard, Bercy amenda finalement l’article afin de permettre aux particuliers de financer des institutions à but non lucratif.

Mais aujourd’hui encore, les institutions monétaires représentent pour Babyloan un obstacle au développement de ses activités. “Pour éviter d’avoir des problèmes, nous prenons le soin d’aller les voir dès que nous envisageons de lancer de nouveaux services”, explique Poissonnier, tout en précisant que l’ACP fait barrage à certains des projets de Babyloan parmi lesquels la création de cartes prépayées ou la possibilité de financer… des Français.

“Les banques étaient frileuses”

Pour les plateformes spécialisées dans le don (ici l’argent n’est pas investi, ni prêté mais donné en échange d’une contrepartie) telles que KissKissBanbank ou Babeldoor, c’est heureusement un peu moins compliqué.  Cela dit, “nous sommes tout de même dans une zone de non-droit”, fait valoir Vincent Ricordeau, co-fondateur de la plateforme de financement de projet artistiques KissKissbankbank.

Cette fois-ci, les difficultés de départ ne viennent pas tant des autorités financières que de la difficulté de trouver un partenaire bancaire. “Beaucoup de banques étaient frileuses en raison du risque juridique” raconte Ricordeau, qui s’est finalement tourné vers la banque Neuflize OBC, spécialisée dans le financement de projets cinématographiques. “Comme ils ont l’habitude de financer des projets artistiques, ils répondent bien à nos besoins” explique l’entrepreneur.

En revanche, Ricordeau aimerait que son entreprise puisse se passer du statut de prestataire qui lui incombe de facturer la TVA. “Cela nous rend moins compétitif que d’autres concurrents qui profitent de ce flou juridique pour augmenter leurs marges. Mais nous, nous préférons être clean à 100%” se justifie-t-il. Obtenir un statut de véritable opérateur financier permettrait au secteur de profiter d’un cadre fiscal plus avantageux.

Le poids des lobbies ?

Pour Thierry Merquiol, le fondateur de Wiseed, plateforme permettant de lever du capital auprès des internautes, le poids des acteurs traditionnels n’est pas anodin dans les difficultés que rencontre le secteur à se développer.

Se situant clairement en “zone grise”, Wiseed bénéficie néanmoins jusque là d’une ‘zone d’exemption’ accordée par l’Autorité des marchés financiers (AMF), mais qui contraint la startup à n’opérer que des levées de fonds représentant moins de 50% du besoin de financement de ses clients, et pour un montant inférieur à 100.000 euros.

La complexité de la législation fait que c’est notre valeur ajoutée vient fortement de notre capacité à nous y conformer” explique Merquiol, qui ne veut pas trop dévoiler les processus juridiques déployés dans son entreprise : c’est un secret industriel.

Il est en revanche plus prolixe lorsqu’il s’agit de critiquer le poids des lobbies financiers. “Nous sommes environ 8 fois moins cher que les acteurs traditionnels, alors forcément ça les dérange”, se targue l’entrepreneur, qui ajoute :

C’est agaçant car en fait, nous n’évoluons pas dans le même secteur. Nous, nous ne faisons que des financements en amorçage, qui représentent des plus petits montants. Un créneau délaissé par les acteurs classiques car ils n’y sont pas compétitifs.

D’après Merquiol, certains acteurs traditionnels sont à l’origine d’un amendement dans la loi de finance 2011 qui empêche la défiscalisation des investissements pour les holdings de plus de 50 investisseurs, ce qui défavorise un nombre important des 7000 investisseurs de Wiseed. “C’est d’autant plus frustrant que l’on sait bien que les banques et assurances siphonnent les Crédit Impôt Recherche” soupire-t-il “Mais nous avons du mal à nous faire entendre face aux intérêts des plus gros”.

Y-aurait-t-il un complot contre ces nouveaux acteurs qui veulent révolutionner la finance ? La plupart des personnes interrogées ont un jugement plus nuancé.

“Dans la loi, le crowdfunding n’existe pas”

Les gens de la Banque de France sont obsédés par le risque”, estime Arnaud Poissonnier. Selon lui, elle a peur de perdre le contrôle, et qu’en cas d’échec ou de scandale, elle soit accusée de ne pas avoir vu le risque venir. « Ils ont l’air très conservateurs » se lâche un autre entrepreneur, au détour d’une conversation privée. Mais Nicolas Guillaume relativise :

D’un certain coté, je les comprends. Dans la mesure où notre activité n’est pas explicitement autorisée, elle fait ce qu’elle peut pour ne pas elle-même outrepasser le cadre juridique. Mais mises bout à bout, toutes ces petites contraintes finissent par devenir lourdes pour nous. On charge la barque, et à tout moment, on peut nous dire d’arrêter. C’est pesant.

Et Hortense Garand, de Babeldoor d’ajouter : “Cette situation nous oblige à disposer d’une armée d’avocats. C’est dommage, on a mieux à faire…

Au final, le principal problème, c’est l’inadaptation de la législation financière et bancaire. “Dans la législation, le crowdfunding n’existe pas !” résume simplement Nicolas Guillaume.

Pour faire valoir leurs intérêts et faire progresser le cadre législatif Français, les entrepreneurs de la finance collaborative réfléchissent ensemble depuis plus d’un an et tentent de réunir leurs forces pour sensibiliser les décideurs politiques et financiers.

Un « manifeste pour l’appui de la finance participative »

Depuis quelques semaines, un manifeste qu’ils ont rédigé circule sur internet. On peut y lire un appel à définir “un cadre législatif et réglementaire qui prenne clairement position en faveur du financement direct, en tenant compte de ses spécificités et du fait qu’internet modifie et élargit les possibilités et la notion de communauté.

Les personnes à l’origine de l’initiative se veulent unanimes : il ne s’agit pas de se plaindre des difficultés qu’ils rencontrent. “Nous voulons simplement faire connaître nos solutions et de faire valoir que ce que nous faisons fonctionne” explique Hortense Garand de Babeldoor.

Nous sommes persuadés que la diversité des modèles de financement participatif (dons, prêts solidaires, prêts rémunérés, fonds propres) et la multiplicité des acteurs et des projets sont le gage d’une activité entrepreneuriale, créatrice et innovante, vitale pour l’économie.” argumente le manifeste, déjà signé par plus de 200 personnes, dont de nombreux professionnels du secteur.

“Prendre 10 ans d’avance”

Le texte est également accompagnée d’une liste de préconisation de principes ainsi qu’une liste des amendements souhaitables pour le bon développement du secteur. “En instaurant un cadre législatif favorable, nous pourrions prendre 10 ans d’avance sur les autres pays” s’enthousiasme Arnaud Poissonnier.

Pour expliquer leur démarche, les initiateurs du manifeste invitent les décideurs politiques et journalistes à venir les rencontrer le 26 mars prochain, dans le palais Brongniart, l’ancienne bourse de Paris. En toute cohérence, les acteurs de la finance participative ont fait appel aux dons de la communauté via la plateforme Babeldoor pour financer la location de la salle.

Cette démarche s’inspire grandement de l’activisme des acteurs américains. A travers une campagne nommée « Startup Exemption« , ils font des pieds et des mains depuis début 2011 pour obtenir un cadre législatif plus favorable chez eux aussi.

Avec un certain succès. Malgré l’opposition de l’autorité financière américaine, la SEC, ainsi que de nombreux sénateurs, le président Obama a été sensible à leurs arguments et a fait pression en faveur d’un consensus au Congrès pour faire passer une loi autorisant explicitement les levées de fonds participatives de moins de deux millions de dollars. Seule incertitude : le Sénat doit encore valider (ou amender) le texte. [update 23/03/2012: le Sénat vient d'adopter le texte]

Les décideurs politiques français sauront-ils suivre l’exemple et écouter les demandes des entrepreneurs ? Les pessimistes feront certainement valoir que Barack Obama avait lui-même financé sa campagne électorale par du crowdfunding. A la différence notable des partis politiques de l’Hexagone …

Stanislas Jourdan

15 Responses to Pourquoi la finance collaborative peine à se développer en France

  1. Hello Stanislas, avec au moins deux trains de retard (désolée), je voulais juste réagir par rapport à des propos erronés que tu me prêtes dans ton article (pour le reste excellent), et qu’il me semble important de corriger car je n’ai jamais dit que nous « devions nous entourer d’une armée d’avocats » au point de ne pas pouvoir nous concentrer sur notre métier…sans doute s’agit-il d’une simple erreur d’interprétation.
    Mon point de vue « from babeldoor », qui rejoint le propos de Nicolas, c’est que, du fait de l’absence d’une définition claire de notre activité de « crowdfunding » (aussi dit craoudfoundinegue en français – sic) nous sommes tous contraints de nous faire accompagner par des juristes, des fiscalistes et des avocats, pour bâtir les chartes et conditions générales qui nous permettent d’encadrer et d’exercer notre activité dans la légalité, mais au final elles n’ont rien à voir les unes avec les autres (ok ça c’est plutôt bon signe parce que cela signifie que nous nous différencions) et surtout elles se réfèrent à des textes de lois et des cadres légaux complètement différents.
    La position de babeldoor (en réponse à Alexandre:)) est que cette situation est totalement absurde (tout aussi absurde que de nous chamailler entre opérateurs sur la question de savoir qui est le plus clean, le plus beau, le plus grand, ou celui « qui a la plus petite ».. on s’en fout, non?) au regard de la pertinence du service que l’on rend, son utilité sociale et économique(ce n’est pas de la langue de bois) sa popularité, l’étendue des bénéficiaires concernés, il devrait y avoir, il faut qu’il y ait, un socle commun minimal…s’il n’y avait que l’amorce d’une reconnaissance officielle et bienveillante, ce serait déjà un grand pas.
    Nous, on rêve que les actuels et futurs utilisateurs de nos différentes plateformes que ce soit chez babeldoor, ulule, kisskissbankbank, mutuzz, octopousse, mais aussi chez friendsclear, babyloan, wiseed, financeutile (etc. pardon pour tous les autres que je ne vais pas citer) n’aient à se préoccuper que de choisir les projets qu’ils auront envie de soutenir par un « prêt », un « don », un « investissement » ou un « soutien » (une notion transversale de tous les possibles qui reste à construire ?) sans avoir à se demander d’abord, ni où ils se trouvent, ni ce qu’on leur propose, ni comment ça marche.
    On est quand même en train de construire tous ensemble le socle de la finance de demain, c’est une aventure géniale qui fait de nous de vrais pionniers! Plus on se ralliera pour dégager les broussailles et plus la vue sera belle sur l’avenir. Suis vraiment heureuse d’avoir la chance de fouler cette terre fantastique du financement participatif de projet. Roucouler de bonheur à chaque nouvelle réussite d’un porteur de projet c’est un sacrément beau métier :)

  2. Ari Massoudi dit :

    La restriction de l’AMF sur Wiseed est tout simplement scandaleuse ! Cette restriction tue dans l’oeuf l’engouement et l’enthousiasme qu’a généré le modèle Wiseed. Je le rappelle, Wiseed a été le 1er au monde a démocratiser et a populariser le business angelisme. Wiseed a été le premier au monde a inventer et a offrir une plateforme web d’ « equity-based crowd funding » pour les startups !
    Bravo, pour tuer les innovations, la France est et restera championne du monde ! Pendant que l’AMF tire une balle dans le pied de Wiseed, les copycats se multiplient à l’étranger et battent des records de levées de fonds pour leurs startups ! C’est vraiment pathétique ! http://0z.fr/My1Lx

  3. @FredericBaud : 100% d’accord avec votre synthèse. Ce sont exactement les enjeux que nous avons en tête.

    @Stanislas Jourdan : désolé si je me suis mal exprimé, je ne vous fais aucun reproche. Mes reproches vont à un discours qui ferait du financement de projet une pratique « borderline » en terme juridique. Dire, à propos du financement de projet : « nous sommes tout de même dans une zone de non-droit », voilà qui est à la fois faux (objectivement), mais aussi dangereux (selon moi, je le répète) comme message à véhiculer aux internautes et aux institutions. Je ne connais pas le détail de la position de KKBB (ou de Babeldoor d’ailleurs) au regard de la législation, mais il ne me semble tout de même pas illégitime de donner notre point de vue sur la question, et de ne pas laisser penser que nous serions « dans une zone grise ». Qu’il y ait des choses qui puissent être améliorées ou simplifiées, c’est tout l’enjeu de ces discussions, mais le constat de base me semblait important à rappeler. Merci encore pour votre papier, à très bientôt IRL.

  4. FredericBaud dit :

    Essayons d’être clair avec notre public ce soir, nous voulons attirer l’attention sur 3 niveaux :

    - il y a ce qu’on peut faire aujourd’hui, mais qui est très compliqués
    - il y a ce qu’on peut faire, mais qui manque d’une jurisprudence correspondant à la configuration d’Internet
    - il y a ce qu’on devrait pouvoir faire, qui demande à faire évoluer certaines lois

    Nous voulons que les autorités fiscales, le régulateur et les politiques nous aident à :
    - simplifier ce qui pourrait marcher mieux.
    - éclaircir l’interprétation des cas de figures nouveaux qui apparaissent.
    - définir les évolutions qui permettraient à la France de saisir les opportunités que la finance participative offre.

    Il n’est pas là question de définir des réponses pour tel ou tel contexte spécifique (don, prêt, action), mais plutôt de démarrer un travail de fond en ayant en tête l’intérêt de tous les citoyens (porteurs de projet, épargnants, opérateurs de financement participatif,…).

    A ce soir pour un débat ouvert où les questions qui nous sont posées le sont tout autant.

  5. L’article ci-dessus (très bien par ailleurs), donne implicitement l’idée que le crowdfunding tel que nous le pratiquons sur Ulule est en dehors des clous au niveau juridique. Et c’est un message désastreux

    Comment pouvez vous dire cela alors que Ulule n’y est justement pas cité, comme me le reprochait précédemment 2goldfish ? Il faudrait savoir ;-)

    L’article ci-dessus vise simplement à parler de la complexité juridique pour les différentes « branches » de la finance collaborative, pas à stigmatiser les uns ou les autres.

    Je suis disposé par ailleurs à continuer de creuser le sujet avec les acteurs que je connais encore un peu moins bien comme Ulule bien sûr. (pour info SPEAR & Leetchi sont déjà dans le pipe)

    A ce soir !

  6. Bonjour à tous,

    Je n’ai pas compris cette phrase Jean-Christophe : « A. B. m’a fait une remarque similaire à propos de la même plateforme lors de ma visite dans leurs locaux ».

    De quoi parles-tu au juste ? Pour ceux qui nous connaissent, partenaires et/ou porteurs de projets, je ne pense vraiment pas que nous nous distinguions par notre arrogance… Nous sommes entièrement concentrés sur notre service et nous voyons tout ce qui il y a à améliorer : crois-moi ça implique une bonne dose d’humilité…

    Pour en revenir à la source du débat, soyons clairs et simples : nous avons énormément travaillé pour proposer une offre entièrement légale. Elle l’est. Et je trouve très limite la façon que tu as, cher Jean-Christophe, de relativiser cet état de fait avec un « soit-disant » plein de sous-entendus erronés. Qu’il y ait des évolutions réglementaires à apporter, nous sommes tous d’accord (quoique chaque point mérite d’être discuté dans le détail bien entendu). Qu’il faille coordonner la réglementation au niveau européen, c’est l’évidence. Mais ça n’est pas en traitant ces questions avec désinvolture que l’on fera avancer ces sujets, ni au niveau institutionnel ni au niveau du public. L’article ci-dessus (très bien par ailleurs), donne implicitement l’idée que le crowdfunding tel que nous le pratiquons sur Ulule est en dehors des clous au niveau juridique. Ce n’est pas le cas. Et c’est un message désastreux (selon moi) à faire passer au public et aux institutions, qui pour la plupart découvrent le sujet. C’est tout l’objet du billet de blog que nous avons publié sur Ulule. Ce point est-il si difficile à entendre qu’il doive nous valoir l’anathème ? Ce serait bien dommage, et j’espère qu’on va avancer dans ces réflexions de façon constructive et dépassionnée, sinon ça me semble mal barré ;)

  7. samuel dit :

    Bon dossier ; vous auriez pu également évoquer les petits derniers : SPEAR et la tontine associative, qui reposent sur des modèles un peu différents.

    amicalement

  8. Concernant le soit-disant « Ulule est 100% encadré d’un point de vue réglementaire » de M. Burgot. Tout cela ne repose que sur un fragile équilibre qui empile des solutions belges, françaises (voire bretonnes). La solidité d’une chaîne ne vaut que par son maillon le plus faible. La BdF est tatillonne. En plus ça coute une blinde à Ulule et en rapporte autant à Leetchi (dont c’est la principale source de CA). Encore un DAF qui ne regarde pas ses factures ?

  9. @2goldfish: soit tu trolles bien, soit tu cherches des claques, soit tu es arrogant (soit les 3 à la fois).

    Pourquoi mentionner « jusqu’aux plus petits et insignifiants ». C’est machiste et semble-t-il le sentiment général qui prévaut chez Ulule. A. Boucherot m’a fait une remarque similaire à propos de la même plateforme lors de ma visite dans leurs locaux. Faut évoluer les mecs :/

  10. @2golfish: soit tu trolles bien soit tu es un brin arrogant soit tu aimes les claques (ou les 3 à la fois).

    Pourquoi écrire « jusqu’aux plus petits et insignifiants) et pas Ulule » ? Je sais de qui tu parles.

    A. Boucherot m’a dit la même choses en face à face. C’est pas machiste et pas cool comme attitude…

  11. Arnaud Burgot dit :

    Bonjour à tous,

    Très bon article, même si dans l’interprétation de certains points nous émettons des réserves… Pour ceux qui veulent connaître le point de vue d’Ulule sur le sujet, nous vous invitons à lire le dernier article de notre blog : http://chouette.ulule.com/post/19786075411/financement-participatif-le-manifeste-ce-qui-nous

    En très bref : Ulule est 100% encadré d’un point de vue réglementaire et juridique. Il n’y a pas de “zone grise”. Notre solution est entièrement légale et nous réalisons un travail d’accompagnement auprès des créateurs et porteurs de projets pour les éclairer sur les problématiques – notamment fiscales – auxquelles ils seront parfois confrontés. A titre d’exemple, vous parlez dans votre article de « dons avec contreparties » : c’est un contre-sens… Un don se définit justement par l’absence de contreparties, ou alors uniquement symboliques.

    Ce Manifeste est une très bonne chose, pour l’ensemble du secteur. Nous nous associons à la démarche, car il est indispensable de faire comprendre aux politiques ce qu’est le crowdfunding et pourquoi il faut le promouvoir. Qu’il y ait des législations à faire évoluer, c’est fort probable (notamment pour tout ce qui concerne le financement des entreprises). Mais qu’on ne se méprenne pas : la législation est complexe, et le fait de transposer sur Internet des pratiques vieilles comme le monde ne va pas en soi tout simplifier d’un coup de baguette magique. La qualification des transactions (dons avec contreparties modiques ou non, transactions commerciales avec TVA applicable ou non, obligation d’identification du destinataire des fonds, etc.) est complexe dans le monde « réel », et le restera en ligne.

    Autre exemple : il semble totalement contradictoire de souhaiter ne pas être considéré comme une banque, afin de ne pas avoir à obtenir d’agrément, et de demander également à ne pas être qualifié de prestataire de service, pour ne pas être assujetti à la TVA… Soit on réalise des actes de commerce, passibles de cette taxe, soit on réalise des opérations bancaires qui sont hors champ d’application. Vouloir avoir le bénéfice des deux est un non-sens juridique…

    Réponse un peu longue (sorry) et qui reste encore partielle (le sujet demanderait bien plus d’espace…) mais pour en revenir au point initial : il n’y a pas de barrière réglementaire au crowdfunding tel que le pratique Ulule aujourd’hui. Même si nous en sommes encore au tout début, nous bénéficions d’une croissance de 20 à 25% par mois, et nous n’avons pas vraiment l’impression que le concept peine à se développer… Par contre oui ! il reste clairement un long chemin à parcourir pour mieux faire connaître l’ensemble de ces services auprès du public et des institutions, pour mieux les encadrer quand il y a lieu, et pour favoriser leur essor.

    On se voit ce soir au Palais Brongniart ?
    Bon lundi et bonne semaine à tous !

    Arnaud Burgot, Resp. administratif et financier @ Ulule

  12. [...] Pourquoi la finance collaborative peine à se développer en France ? Pour faire simple, ce n’est pas prévu dans la loi, c’est bien dommage et il faut que le monopole bancaire disparaisse. [...]

  13. @2goldfish : Si seulement j’avais mentionné « tous les acteurs français » du crowdfunding sauf Ulule, j’en serais ravi ! Mais soyez « rassurés » j’en « oublie » certainement beaucoup d’autres…

    Il arrive simplement qu’à un moment il faut savoir conjuguer temps disponible / valeur ajoutée de l’article. En occurrence, l’article parle des contraintes règlementaires, il ne vise pas à faire un annuaire les acteurs de la finance collaborative… ;-)

  14. 2goldfish dit :

    full disclosure : hier soir j’étais à la séance ciné Ulule et après ils m’ont payé des coups.

  15. 2goldfish dit :

    Article assez intéressant, j’y ai appris quelques trucs. Ca va faire un peu bitchy mais pourquoi vous mentionnez tout les acteurs français du crowdfunding (jusqu’aux plus petits et insignifiants) et pas Ulule ? Ca aurait été intéressant de les contacter, je pense, pouisqu’ils sont leader en France et en Europe.